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ADAPTATION BASEE SUR LES ECOSYSTEMES

Rendre efficace l’adaptation fondée
sur les écosystèmes
Un cadre pour définir critères de qualification et normes de
qualité

Qu’est-ce que l’Adaptation basée sur les écosystèmes

L’adaptation fondée sur les écosystèmes consiste en l’utilisation de la biodiversité et des services écosystémiques dans le cadre d’une stratégie d’adaptation globale pour aider les populations à s’adapter aux effets néfastes du changement climatique1. Elle vise à aider les populations à se relever au plus vite de catastrophes naturelles liées au changement climatique, et leur permet de résister à leurs conséquences en réduisant leur vulnérabilité, grâce à l’utilisation durable des ressources naturelles ainsi qu’en restaurant ou en améliorant la biodiversité et les services fournis par les écosystèmes2.

Les écosystème ou systèmes écologiques sont constitués de tous les êtres vivants et non vivants qui interagissent les uns avec les autres dans une zone donnée. Les plantes et les animaux (facteurs biotiques) interagissent de diverses façons avec les facteurs environnementaux tels que les conditions météorologiques, l’ensoleillement, le sol, le climat, l’atmosphère (facteurs abiotiques) où ils évoluent. Les facteurs biotiques et abiotiques d’un écosystème dépendent généralement les uns des autres. L’absence ou la disparition de l’un d’entre eux peut avoir une incidence sur tous les autres facteurs d’un écosystème. Ces perturbations peuvent être dues à des facteurs naturels (inondations, sécheresses, éruptions volcaniques ou changement climatique) ou humains (pollution, surexploitation, mauvaise gestion etc.).

Les écosystèmes sains et efficaces renforcent la résilience naturelle face aux effets néfastes du changement climatique et réduisent la vulnérabilité des personnes. L’Adaptation fondée sur les Écosystèmes (AfE ou EbA en Anglais) offre une approche précieuse pourtant sous-utilisée, pour l’adaptation au changement climatique, en complétant les actions traditionnelles telles que le développement d’infrastructures.

Le changement climatique représente l’un des plus grands défis de notre époque, et des services écosystémiques optimums seront en mesure de fournir des avantages qui renforceront la résilience des populations face à ses impacts. Ainsi, la conservation, la gestion durable et la restauration des écosystèmes naturels constituent une composante majeure de cette approche. Lorsque les écosystèmes sont bien gérés ou améliorés, ils offrent des services de régulation, d’approvisionnement et autres qui aident les populations à résister aux effets du changement climatique.

Ceinture verte de Ouagadougou et Adaptation basée sur les écosystèmes

La mise en place de la ceinture verte par la mission forestière allemande, à la demande du gouvernement du Burkina Faso, a débuté en 1976. Selon le décret n° 98-321 PRES/PM/MEE/MIHU/MATS/MEF/ MEM/MCC/MCA du 28 juillet 1998 portant règlementation des aménagements paysagers au Burkina Faso, la Ceinture Verte constitue un espace occupé par des formations végétales naturelles ou artificielles, situées à la périphérie des villes et poursuivant des objectifs de préservation de l’environnement, de délimitation et d’approvisionnement en produits forestiers ligneux. Elle est soumise au régime juridique des forêts et devrait remplir de multiples fonctions tels que :

Les Fonctions :

  • La protection de la ville pour diminuer l’influence du vent et de la poussière (harmattan).
  • Les fonctions urbanistiques en tant qu’espace de repos et de loisirs qui limite une croissance désordonnée de la ville.
  • La production de bois tout en garantissant un peuplement permanent
  • La fonction de tapis végétal pour attaquer l’érosion éolienne et hydraulique surtout vers les barrages, principaux réservoirs d’eau de la ville de ouagadougou.
  • La création d’emploi et de revenue d’une importance du point de vue socio-économique.
  • La fonction d’approvisionnement et d’alimentation par la culture combinée agro-forestière.

Les Objectifs

Les objectifs initiaux visés par la mise en place de la ceinture verte de Ouagadougou s’alignent parfaitement sur ceux que vise l’adaptation basée sur les écosystèmes (EbA) qui s’appuient sur les services écosystémiques forestiers comme la ceinture verte pour offrir aux populations de Ouagadougou, un développement socioéconomique et culturel durable. Une ceinture verte saine contribue à la santé en purifiant l’air, atténue la vitesse des vents, fixe le sol évitant ainsi l’érosion hydrique et éolienne, adouci le climat de la ville, et offre bien d’autres bénéfices. L’approche EbA met en avant la préservation, la restauration et la gestion durable de ces écosystèmes comme stratégie d’adaptation aux changements environnementaux. Correctement mise en œuvre et suivie, l’initiative de la ceinture verte aurait contribué à l’atténuation du changement climatique en réduisant les émissions liées à la dégradation des écosystèmes et en améliorant la séquestration du carbone et l’adaptation en agissant en bouclier écologique protégeant la ville du vent, de l’érosion et de la poussière etc.

Cependant, plusieurs décennies après sa mise en place, le constat est amer ; la ceinture verte de Ouagadougou (CVO) a perdu une bonne partie de sa verdure. Elle fait l’objet de plusieurs formes d’occupations qui sont incompatibles avec ses objectifs. Elle est occupée à 31,29% par des infrastructures socioéconomiques et des habitats qui constituent des occupations illégales. Elle est aussi occupée par des sites maraichers (10, 33%), de cultures pluviales et agroforestiers (56,29%) et de terres forestières (0,06) et représentent près de 2/3 de la superficie totale de la Ceinture verte3. Mêmes si ces pratiques pourraient être incluses dans les objectifs initiaux, il demeure très important de les cadrer afin qu’elles intègrent la restauration et la préservation des services de l’écosystème forestier de la ceinture verte.

Des actions sont entreprises par bon nombre d’acteurs parmi lesquels le ministère en charge de l’Environnement, celui en charge de l’urbanisme et la mairie de Ouagadougou dans le but de la protéger, la restaurer et mieux la gérer. Cependant, d’autres initiatives sont encore nécessaires pour lui permettre d’offrir pleinement ses services naturels à la ville de Ouagadougou.