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AGROECOLOGIE

L’Agroécologie est une approche qui consiste à appliquer les concepts et les principes de l’écologie à la conception et à la gestion des systèmes alimentaires afin que la production alimentaire soit respectueuse de l’environnement, de la santé et des droits des agriculteurs et des consommateurs (Gliessman et al. 2007, Barberi 2019).

Les domaines d’action de l’agroécologie visent à relocaliser les systèmes agricoles et la nourriture et à promouvoir la circulation des capitaux naturels dans le système de production, réduisant la dépendance aux intrants extérieurs : l’autoproduction des semences, la gestion de la fertilité du sol à travers des bonnes pratiques agronomiques, l’autoproduction des amendements, des engrais, des biostimulants et des biopesticides.

Il est donc essentiel de co-concevoir des systèmes agroécologiques en partant de la circularité et de l’efficience des ressources disponibles dans un champ, une ferme, une communauté, afin d’offrir des solutions viables et qui contribuent à créer des systèmes capables de s’adapter à un changement continu et de répondre aux défis urgents en matière de climat et de nutrition. Pour ce faire, une stratégie possible pour innover dans les systèmes agricoles consiste à promouvoir leur diversification en partant de la récupération de la biodiversité cultivée et en innovant/réadaptant les techniques et connaissances agronomiques traditionnelles.

En partant de la diversification des systèmes agricoles, l’agroécologie peut répondre au défi de garantir la sécurité alimentaire et une meilleure nutrition pour tous. Les techniques agroécologiques, tirent parti des cycles et des synergies naturelles, favorisent un ensemble de pratiques agronomiques diversifiées, qui rétablissent ou améliorent la fertilité du sol, contribuant en même temps à une augmentation des rendements (Altieri, 2009). La diversification des pratiques agronomiques et donc de l’environnement dans lequel les cultures sont réalisées, est étroitement liée à la diversification des ressources génétiques locales (animales et végétales).

L’agroécologie se base donc sur un ensemble de pratiques flexibles et dynamiques, déterminées et développées par les acteurs locaux eux-mêmes, contrairement aux approches industrielles basées sur la mise en œuvre universelle des mêmes technologies, l’hyperspécialisation et l’intensification (tant au niveau de l’entreprise qu’au niveau régional) et l’homogénéisation des paysages. Elle est appliquée différemment selon les réalités, les traditions, la spiritualité et les sphères sociales locales, tout en partageant un ensemble de valeurs communes, centrées sur le respect des personnes et de la nature.

La transition agroécologique nécessitera une restauration/ régénération graduelle des ressources naturelles (par exemple, le sol, l’eau, le matériel génétique de départ), la re-diversification de l’agro écosystème et le développement de synergies entre ses diverses composantes (Côte et al., 2019). Pour faire que la transition soit efficace, les agriculteurs eux-mêmes doivent être les promoteurs du changement et être impliqués dès les phases de conception et de planification, selon une approche participative. Cette approche redonne une place centrale aux connaissances et pratiques de l’agriculteur, en promouvant la circulation des savoirs et en reconnaissant la valeur des connaissances empiriques, de l’apprentissage mutuel et de la restauration, si nécessaire, des compétences et de la valeur sociale expropriées par la transition vers un système agricole industriel. La transmission de la connaissance se fait au travers d’un dialogue participatif et intergénérationnel entre agriculteurs sur des questions allant de la viabilité économique de la petite agriculture familiale aux innovations agro écologiques adaptées à un contexte socioculturel déterminé (innovations techniques, mécaniques et biologiques dans la gestion des nuisibles et mauvaises herbes, utilisation de certaines espèces en tant qu’engrais).

Dans cette perspective, il est essentiel de promouvoir la biodiversité des systèmes agricoles, ainsi que des systèmes de semence, en soutenant à la fois les systèmes de semences informels et l’émergence de systèmes formels à l’échelle locale. L’objectif de ces systèmes n’est pas de conserver mais d’améliorer et de soutenir la circulation et l’utilisation de matériel génétique, en favorisant les espèces autochtones et les variétés locales. Le soutien à ces pratiques, qui promeuvent l’agro biodiversité cultivée, vise à stabiliser la productivité dans le temps tout en permettant la réduction progressive de l’utilisation d’intrants externes basés principalement sur des produits chimiques de synthèse.